"Tu vas tout foirer", merci l'anxiété
une colocataire envahissante
Commençons par une invitation à rentrer dans ma tête. Prêt(e) ? Allons-y ⤵️
“Quoi que tu entreprennes, tu vas tout foirer : tes relations, ta boîte, les décisions importantes… tu vis dans des sables mouvants — donc même si t’essaies de bouger et de changer les choses, t’es foutue. “
“Regarde, le monde part en couilles, tu crois sincèrement que tu vas t’en sortir ? et tes proches ? tu n’as aucune solution, tu ne sers à rien, ni pour toi, ni pour eux.”
“Ah maintenant t’as peur d’avoir peur ? super, on touche le fond”.
Voilà ce qu’il a pu se passer dans ma tête, à intervalles réguliers, ces 3 dernières années.
Bonjour anxiété
Nous sommes début 2026 et cela fait déjà plus de 3 ans que l’anxiété a pris une place considérable dans ma vie par rapport à “avant” — car j’ai la sensation qu’il y a une version de moi “avant l’anxiété”, “pendant l’anxiété” et (j’espère en être là) “après l’anxiété” (même si c’est plus “avec” elle en vérité).
Le fait d’écrire à ce sujet aujourd’hui me prouve que j’ai le recul nécessaire pour le faire et, à mes yeux, c’est une belle preuve que celle-ci s’est calmée.
🧠 Comme tu peux le voir avec les citations de mon cerveau, l’anxiété débarque dès que je réfléchis (trop) au monde actuel, à l’avenir flou, ou que je me concentre sur mes incertitudes. Elle se manifeste plus ou moins intensément : de la tétanie (corps + tête en erreur 404) à la crise de larmes en passant par des pensées répétitives/en boucle.
C’est handicapant parce que pendant que l’anxiété est là, je ne peux rien faire à part subir. J’ai des symptômes physiques (fourmis dans les bras, tachycardie…), et mon esprit est simili-bouillie : la lucidité a été chassée et je ne suis plus en mesure de faire des choses que j’adore (par exemple : jouer aux jeux vidéos).
C’est comme ça que je reconnais l’arrivée de l’anxiété dans ma journée.
Et je sais que c’est parti pour plusieurs heures d’erreur 404 🤯
Un long chemin
J’ai conscience que pour certaines personnes, l’anxiété a été livrée dans leur pack de base : elles la subissent depuis toujours (et ont appris à vivre avec, pour les plus chanceuses).
Dans mon cas, j’ai l’impression qu’elle était dormante pendant plus de 30 ans et qu’elle a profité de multiples faiblesses pour s’incruster dans ma vie.
Comme si elle attendait devant ma porte d’entrée et qu’un jour celle-ci était suffisamment abimée pour pouvoir entrer sans difficulté.
Car ces dernières années ont été moins linéaires, j’ai eu moins de ressources pour faire face aux imprévus et aux évènements de la vie. Une fragilité globale.
Si on continue l’image de l’appartement, c’est comme si je vivais depuis 3 ans en coloc’ avec l’anxiété. Elle s’est installée malgré moi et j’ai du mal à la faire partir 🤡
Les stratagèmes pour cohabiter
Je suis câblée problème → solution. Autant te dire que j’ai essayé moultes astuces pour mettre fin à cette expérience désagréable 🙃 — alors je vais simplement te parler de ce qui a fonctionné :
être accompagnée par un pro — un psychologue à qui je peux dire toutes les choses qui me passent par la tête. Il m’écoute, on cultive beaucoup l’autodérision pour dédramatiser (ma technique favorite), et ma lucidité me permet de remettre l’église au milieu du village : me rappeler que l’anxiété n’est qu’un état passager, pas un trait de personnalité.
écrire quotidiennement — quand ça va pas, mais aussi quand ça va. Pour me prouver que l’anxiété finit toujours par passer. Mais aussi pour vidanger (hm, pas sexy) et me pousser à mettre des mots sur ce que je ressens, sans honte. Les mots que j’écris quand ça ne va pas me permette aussi de travailler dessus avec le psy en séance.
en parler — expliquer clairement à mes proches que je suis en coloc’ avec une meuf pas cool (et les détails de la cohabitation) a été la chose la plus libératrice. Être comprise et soutenue dans cette situation est primordial, selon moi, pour avancer.
(pas suffisamment testé) le sport — “quand l’esprit est trop actif il faut revenir au corps” … combien de fois ai-je entendu cette phrase ces dernières années ? 😆 il le faudra, en effet.
Toutes les autres pistes n’ont soit pas fonctionné (genre la méditation), soit ne sont clairement pas envisageables pour moi à ce stade (anxiolytiques notamment), j’estime être en mesure de m’en sortir sans.
Aujourd’hui, et comme je le disais tout à l’heure, j’ai la sensation d’avoir réussi à négocier un mi-temps avec l’anxiété : elle ne se montre qu’à de rares occasions (mais elle est toujours aussi casse-couilles !).
Ce n’est clairement pas le fruit du hasard. J’ai du prendre ce problème à bras le corps et vivre plus consciemment pour la mettre à la porte. Et ce, en passant par des phases clairement pas ouf : la sensation de devenir folle, de perdre le contrôle de mes pensées et/ou de perdre mon identité et ce qui fait de moi… moi ! 🥲
J’ai la sensation que plus tu mets le problème sous le tapis, plus elle a d’emprise sur ton quotidien. La considérer pour ce qu’elle est : un état passager qui mérite d’être écouté pour être compris (et pourquoi pas solutionné !).
Merci l’anxiété
Grâce à elle j’ai donc appris à m’écouter vraiment. J’ai compris que ces maux physiques et psychologiques était des signaux précieux : ils pointaient souvent du doigt des dysfonctionnements ou des dé-alignements.
Comme si depuis plusieurs années j’essayais d’enfiler des baskets trop petites pour moi, ou avec un cailloux à l’intérieur. Il y avait toujours un truc gênant/pas adapté.
Il ne me restait plus qu’à agir pour remettre les pièces du puzzle au bon endroit et retrouver du confort dans mes baskets.
Cette anxiété m’a appris à dire non (et ciao au dé-alignement), à mieux communiquer (expliquer l’anxiété à ses proches c’est parfois… sport !) et, in fine, à me montrer plus vulnérable et donc plus forte.
Voilà.
Je ne sais pas si l’anxiété quittera à tout jamais mon appartement. Ou si elle reviendra de temps en temps pour m’alerter et me donner des informations précieuses sur “comment je me sens” dans telle ou telle situation.
La seule chose que je peux constater en l’état, c’est qu’elle finit toujours par se taire pour laisser place à une vague de sérénité et de tranquillité 💜



Je te remercie de parler de cette tendance que je connais très bien. Tu casses l'image de la femme hyper productive 100% du temps, qui coche toute sa todo tous les jours, ça me déculpabilise un peu 😅.
Merci Julia pour ce post ❤️ L’anxiété touche énormément de monde et peu de gens en parlent. On se sent tout de suite moins seule à vivre et subir cet état… Tes mots sont si justes. Bon courage ❤️🩹 à toi