Le blues du dimanche soir
Il est tatoué dans mon âme ou quoi ?
Au moment où j’écris ces lignes nous sommes dimanche soir et je me sens pas ouf : un mélange d’appréhension, de stress latent et de mélancolie de fin de week-end 🥹
Ça fait 12 ans que je suis à mon compte, et ça fait donc 12 ans que j’espère voir partir cette sensation globalement très désagréable. Mais nan 🥲
Alors j’essaie de me souvenir que 88% des gens ressentent ce fameux “blues du dimanche soir”. Je ne suis donc pas la seule sur ce fuseau horaire à me sentir comme une merde présentement 🫠 (si tu lis ce contenu un dimanche soir : on est ensemble !).
Mais aujourd’hui, j’ai envie de comprendre pourquoi.
On a tous été conditionnés
Chez moi le blues du dimanche soir a commencé, comme beaucoup d’entre nous, très tôt : dès le collège. Je me souviens faire le bilan de mes devoirs à faire pour le lendemain, regarder la météo pour adapter ma tenue, et constater que “oui le week-end est déjà terminé, je suis deg” 🙃
Et pourtant j’aimais bien l’école, je n’étais pas harcelée et les réveils matinaux n’étaient pas un calvaire ! Juste je ressentais un espèce de flottement bizarre et désagréable à partir de 18h le dimanche.
Comme si, inconsciemment on nous disait “allez, la fête est finie, on retrouve tous notre sérieux !” — adultes comme enfants ! 😅
Limite, on ne s’autorise rien de “fun” à faire le dimanche soir histoire d’être sûr(e)s de bien bieeen s’enfermer dans ce mood détestable ah-ah.
Alors quand je me suis lancée dans le grand bain de l’entrepreneuriat il y 12 ans, je me suis dit que ce truc-là allait disparaitre ou tout du moins changer ! Enfin débarrassée de ces sensations désagréables 👋🏻
… non.
Enfin, c’était différent.
Mon rapport au week-end a temporairement changé
Pendant la première partie de mon aventure entrepreneuriale, je travaillais les week-ends. J’étais jeune et fraiche en toutes circonstances : je pouvais donc enchainer soirées et journées de travail samedi + dimanche sans problème.
D’ailleurs, c’est un peu le piège de la liberté : tu fais ce que tu veux de ton temps, alors ta peur de manquer (entre autre) te pousse à travailler tous les jours de la semaine plutôt que de profiter de ton statut de “chef(fe) de toi-même” 😆 — mais ça c’est encore un autre sujet.
Tout ça pour dire que je n’avais pas vraiment le temps d’avoir le blues du dimanche soir, les jours étant sensiblement tous les mêmes.
Environ 5 ans plus tard, j’ai ressenti un vrai besoin de déconnexion dans ma semaine. Alors j’ai réintégré les “vrais week-ends” (je m’énerve rien qu’à écrire ça mais soit), notamment pour être synchro avec mes meilleurs amis salariés.
Et, sans surprise, ce blues du dimanche soir est revenu comme avant. Alors que j’adore mon travail, j’adore mes projets, mes missions… tout !
J’aurais pu (dû ?) à ce moment-là décider que mes week-end seraient les mercredis et jeudis. Mais peut-être que mon blues du dimanche soir ce serait alors déporté sur le jeudi soir ? Hm, sûrement.
Contrôler ce qui peut l’être
Alors je me suis demandé ce qui pouvait être amélioré dans ma vie professionnelle pour diminuer ce blues.
→ J’ai identifié la fatigue décisionnelle comme problématique à garder à l’oeil. Et notamment ce besoin, parfois, qu’on me dise simplement ce que je dois faire pour reposer mon cerveau 🤪
→ J’ai essayé de lister ce que j’enviais aux salariés, à celles & ceux qui parviennent à se dire “on verra ça lundi” en quittant le bureau le vendredi soir (réel fantasme chez les entrepreneurs ce truc ! 🤤).
Puis j’ai surtout réalisé que je voulais des choses qui n’existeraient jamais :
personne ne va me dire ce que je dois faire pour gérer mon entreprise, ni prendre des décisions à ma place.
et à aucun moment je pourrais “partir en week-end” en mettant de côté le fait que je suis cheffe d’entreprise sur le web, et que le web ne ferme jamais boutique 🙃 (c’est comme si t’oubliais que tu étais maman quand tu as un enfant : tu y penses en tâche de fond, c’est comme ça point barre ahah).
Alors j’ai voulu contourner le truc
J’ai la sensation que la société nous impose ce rythme, même quand on a la liberté d’en sortir. Je trouve ça à la fois injuste et complètement fou 😆 — alors j’ai décidé de contourner cet état désagréable qu’est le blues du dimanche soir.
Méthode n°1 : le mantra
Qui consiste ni plus ni moins qu’à me répéter en boucle “tu es encore en week-end”, tous les dimanches soirs.
⚡️ Verdict : efficace pendant 30 minutes, après ça repart.
Méthode n°2 : tout couper
Pour ça, j’utilise l’application Opal qui permet de bloquer d’autres applications qui peuvent être problématiques : les emails, les réseaux sociaux, etc.
⚡️ Verdict : efficace, mais ça n’empêche pas le cerveau de réfléchir et d’anticiper les problèmes du lendemain.
Méthode n°3 : planifier des activités
Pendant 1 an j’ai insisté pour que mes potes et moi nous retrouvions pour dîner tous ensemble tous les dimanches. Ce qui était un excellent moyen pour les voir régulièrement et pour dire au blues d’aller se faire.
⚡️ Verdict : j’ai passé de supers bons moments, mais une fois rentrée à la maison, c’était reparti !
Il est tatoué dans mon âme ce blues ou quoi ? 😂
Que disent les études ?
Bon, je réalise que je vais devoir l’accepter. Mais pour ça il faut que je comprenne ce qui se joue lorsqu’on ressent ce fuc*ng blues du dimanche soir ! 😆
🇺🇸 Déjà, j’ai appris que ça s’appelait “Sunday Scaries” aux États-Unis, mi-flippant, mi-mignon.
Ce terme a été popularisé sur Tiktok et il est défini comme “l’anxiété et terreur anticipée qui survient le dimanche chez les employés lorsque le week-end se termine”1.
Bref, revenons à nos moutons, les études.
Il n’y en a pas d’officielle (ni scientifiques, ni académiques) alors on se contentera de paroles d’experts :
→ "Pendant le weekend, notre charge cognitive est significativement réduite, ce qui facilite le relâchement de la vigilance. Il faut beaucoup d'énergie mentale pour se préparer aux tâches à venir”, Dr. Susan Albers2 — ok ça donne un début d’explication, et ça échappe clairement à notre contrôle.
Mais pourtant :
→ “Le dimanche n'est ni bon ni mauvais, et chacun a le contrôle sur sa perception de la journée”, Judson Brewer, professeur à l’école de santé publique de l’université de Brown et auteur du livre « Unwinding Anxiety »3 — alors finalement c’est surtout une question de perception ?
→ “Le dimanche soir, on peut se sentir anxieux pour 2 raisons : en anticipation des projets de la semaine et l’incertitude quant à l’avenir”, Jack Nitschke, psychologue et neuroscientifique4 — réflexes très connus de la team des anxieux ! (coucou 👋🏻)
Clôturons le doss’
… nous sommes donc tout bonnement sur un schéma anxieux (plus ou moins fort en fonction des personnes), qui semblerait pouvoir être diminué/supprimé grâce à un suivi psychologique adapté.
Et n’étant pas professionnelle de santé mentale, mon analyse s’arrêtera ici 😆
Mais si je ne devais retenir qu’une seule méthode croisée sur le web que je n’ai pas encore testée :
Méthode n°4 : la liste des choses cool
Elle consiste à lister toutes les choses super cool qui sont arrivées/que tu as faites le lundi et le mardi. De cette manière, tu te prouves à toi-même que dans les faits le début de semaine n’est pas si pire que ce que tu imaginais ! 😏 À tester donc.
J’espère que tu as pris du plaisir à lire mes pérégrinations de cerveau à propos de ce “blues du dimanche soir” 💡 : est-ce que toi aussi tu subis ce blues ?!



Très intéressant.
Je n’ai jamais eu le blues du dimanche soir parce que j’utilise justement ce moment pour planifier ma semaine, la cadrer, vérifier que tout est prêt pour les obligations que je dois honorer.
Je vais donc clôturer ce dimanche d’un cœur léger, en me disant que tout est sur les rails et que tout roule.
Donc, pas d’anxiété.
Après oui, il y avait la routine qui devait reprendre, le retour de la maison de campagne, le week-end terminé, les enfantsà gérer.
Mais ça ne gérait pas de blues.
Parce qu’en fait, tout était sous contrôle
Hello, merci pour cette analyse très intéressante.
Je me suis rendue compte des coups de blues du dimanche soir surtout lorsque j’ai quitté mon travail et que le dimanche soir est devenu un soir comme un autre (malheureusement pas pour mon mari 😬).
A un moment, lorsque je travaillais, je me suis forcée à me lever le matin plus tôt pour faire quelque chose pour moi en me disant „je ne me lève pas pour travailler mais pour moi, pour faire quelque chose et dans ma journee il y a une partie travail.” mais je n’ai absolument pas tenu dans la longueur. 😅