J'ai arrêté de m'excuser pour ça
Oui, je préfère souvent rester chez moi un samedi soir.
Pendant des années, j’ai justifié, expliqué, rassuré. Non, je ne m’ennuie pas. Oui je vais bien. Non, je ne suis pas triste. Si, j’ai des amis. J’ai consommé tellement d’énergie à expliquer pourquoi je préférais rester chez moi un samedi soir que j’ai fini par me demander : mais pourquoi je m’excuse en fait ?!
Mon entraînement à la solitude
Quand pour certains la solitude est une punition ou un mode de vie problématique, pour moi c’est un câblage de base.
Je suis fille unique et j’ai donc appris très tôt à ne pas avoir besoin des autres pour exister, réfléchir ou m’amuser.
Evidemment que j’ai eu des copines, des copains et j’ai vécu des aventures classiques d’enfant et d’adolescente 🤭 . Mais je passais les vacances scolaires essentiellement plongée dans des activités en solo. C’était ma norme.
Jusqu’au moment où certains se sont mis à la questionner.
La culpabilité est arrivée
Jeune adulte, j’ai été très rapidement confrontée à des questions et/ou des remarques telles que : “Tu ne t’ennuies pas ?” , “Tu ne sors pas assez” , “Tu devrais voir plus de monde” , “Tu vas t’isoler”.
Pour certaines personnes, la solitude est négative, néfaste 💀 — créant plus de problèmes que de solutions. Pour elles, rester seul(e) est synonyme de dépression, de tristesse et d’isolement social.
Et j’avoue : elles ont réussi à me faire douter de mon câblage de base. J’ai remis en question le socle sur lequel je m’étais construite et sur lequel j’étais pourtant si bien.
Alors j’ai essayé.
je suis sortie — partageant mes soirées soit avec des personnes que j’aimais fort mais sans vraiment profiter du moment/être pleinement là, soit avec des personnes dont je n’avais rien à faire, à m’essayer aux small talks.
j’ai partagé toutes les activités que je préfère pourtant faire seule — regarder des films (et subir les commentaires des uns et des autres), jouer aux jeux vidéos (et devoir être patiente avec mes co-équipiers), travailler (en espace de coworking, au milieu de personnes beaucoup trop sociables)… et j’en passe.
Mais tu sais ce qu’on dit : chassez le naturel, il revient au galop 😇 — j’ai donc commencé à quitter les soirées plus tôt et à dire “non” aux sollicitations d’activités en groupe. C’était devenu vital pour moi de me retrancher, de retourner dans mes quartiers (😂).
J’ai physiquement besoin d’être seule
Et fermant la porte de chez moi, de retour dans le silence de mon appartement, je respirais à nouveau — tu sais, un peu comme quand tu te mets en pyj’ après une longue journée enfermée dans des vêtements trop serrés.
Je suis une éponge émotionnelle, j’absorbe tout, tout le temps — et quand je suis avec des humains je choppe tout : leurs joies, leurs peines, leurs excitations, leurs déceptions… je rentrais vidée alors que j’avais simplement posé mon cul à la table d’un bar ! 😆
Rentrer à l’appart’ était donc l’unique moyen pour moi de mettre un terme au brouhaha mental et donc de retrouver le calme qui me permet, depuis toujours, de réfléchir et ranger/épurer mon cerveau 🧠
Et c’est là que le paradoxe de la solitude entre en jeu.
Être seule me permet d’être apaisée, mais parfois l’overthinking que cela génère est hors de contrôle : tu rumines, tu te refais 1001 scènes dans ta tête, tu te forces à répondre à des questions existentielles…
La bonne nouvelle, c’est que la solitude n’est pas une prison : tu peux CHOISIR quand il est nécessaire pour toi de côtoyer d’autres humains 🤝🏻 — et une solitaire qui choisit d’être entourée, c’est l’assurance qu’elle sera pleinement avec toi (dans son engagement dans la relation, dans les conversations, etc).
Ma vie depuis que je ne m’excuse plus
J’ai donc progressivement arrêté de m’excuser pour ce que j’étais. M’entourant de personnes qui ne se vexent pas lorsque je dis “non”, avec qui on peut rire de ma solitude et qui m’aiment aussi pour ça 💜
Je me sens donc plus apaisée, alignée avec mon “câblage de base” — j’ai même la sensation de profiter encore PLUS des moments que je passe seule avec moi-même !
me plonger pleinement dans des histoires — que ce soit dans des livres, des films, des séries, des documentaires, des jeux-vidéos.
réfléchir, imaginer, créer — et entrer plus rapidement dans une pensée “deep” sans élément perturbateur extérieur. Très utile pour l’entrepreneuriat !
faire les choses à mon rythme — très vite ou très lentement, là aussi, je peux profiter de mes activités sans devoir m’adapter au rythme de quelqu’un d’autre.
Personne ne perturbe ma concentration, ma réflexion et mon rythme.
Et quand je choisis les autres (notamment pour les choses que je ne peux pas faire seule et qui sont pourtant tout aussi vitales : rire, débattre, découvrir d’autres points de vue/modes de vie…), je le fais vraiment 🥰 — je deviens une personne sociable, bien souvent souriante et enjouée.
Apprécier sa propre compagnie se travaille
Ma conviction (et peut-être la tienne) c’est qu’on ne peut pas être pleinement avec les autres si l’on fuit sans cesse sa propre compagnie. Se connaître seul(e) apporte des relations plus riches — il n’y a pas de dépendance, juste du partage ☝🏻
Je me questionne toujours à propos des personnes radicalement différentes de moi : est-ce celles qui sont toujours entourées le font pour partager avec les autres, ou simplement pour éviter d’être seules ?
Mais si tu culpabilises de préférer ta solitude, j’espère que mon histoire te donnera l’élan de l’accepter 🙂 — ou tout du moins d’essayer, pour voir ce que ça donne.


Ton post résonne beaucoup en moi. J’ai mis longtemps à apprécier ma seule présence. Maintenant, je la chéris et je décline les invitations qui ne me font pas envie !
Je pense que je suis un clone de toi Julia, car absolument chacun de tes mots me parle 😆
Peut-être à un détail près, c'est que j'ai une grosse peur de l'abandon, donc je n'aime pas être mise à l'écart par les autres (oui donc pas facile à vivre tous les jours ahah). Alors je fais quand même toujours attention à essayer de ne pas trop m'isoler pour ne pas moi-même m'infliger ce qui me fait mal 😅