Arrêtons les bilans de fin d'année
Un Wrapped annuel n'est pas obligatoire
Décembre.
La période où la terre entière fait son bilan de l’année.
Pro, perso, tout y passe.
J’ai, moi aussi, pris du plaisir à découvrir et à partager mon Wrapped Spotify 2025 — un récapitulatif de tout ce que j’ai écouté sur l’application cette année. J’ai aussi eu mon wrapped SNCF, YouTube… et j’en passe. C’est satisfaisant et divertissant (comme un condensé de favoris finalement) 😏
Comme beaucoup, j’ai aimé les bilans
Mon esprit aime les synthèses : au-delà du côté satisfaisant, je trouve ça rassurant car cela ajoute du contrôle dans ma vie. Mon côté anxieux aime le contrôle. Alors j’aime les bilans.
ils me poussent à prendre du recul et évaluer ma progression — dézoom sur l’année, réussites/échecs, leçons apprises et mesurer l’écart entre où je suis et où je voulais être.
ils m’aident à mieux me connaître — comprendre mes patterns, clarifier mes valeurs/aspirations/besoins, me reconnecter à moi.
je peux réajuster et planifier l’avenir — redéfinir des objectifs, corriger le tir, éviter de tourner en rond et prendre de meilleures décisions.
grâce à eux je reconnaîs et célèbre le chemin parcouru — prendre conscience des accomplissements (souvent oubliés), me féliciter et booster ma motivation.
En vrai, toutes les personnes pour qui les bilans ont des impacts positifs vont te pousser à, toi-même, faire ton propre bilan de l’année.
On veut le meilleur pour les humains qui nous entourent, alors on leur conseille naturellement des choses qui fonctionnent pour nous.
Oui mais :
Après l’injonction, le décalage
Plus les années passent, plus il est facile pour moi de faire des bilans — d’un point de vue pratico-pratique en tout cas.
J’écris quotidiennement dans mon journal, j’ai donc un historique de ma vie disponible quand je veux : le graal pour faire un bilan exhaustif d’une année complète 🤓
Sauf que certaines années, en Décembre, quand tout le monde ne parle que de bilans (qu’ils soient très sérieux comme plus légers, comme le wrapped Spotify), moi ça me donne la gerbe 😬
Non pas que je ne reconnaisse plus les bienfaits mentionnés juste au-dessus. Juste : je ne veux pas faire mon bilan de l’année. Et ce pour 3 raisons principales (la dernière étant la plus importante).
1️⃣ Le timing imposé n’est pas le mien.
Le bon moment n’existe pas et ça fonctionne aussi pour les bilans. Pourquoi attendre décembre pour le faire ? Et pourquoi le renouveau se produirait uniquement un 1er janvier ?
Et pourquoi un seul bilan ? Pourquoi pas 2 ? Pourquoi pas 12 ?
2️⃣ Le format plébiscité est too much.
Libérons-nous de la plupart des bilans proposés qui sont, bien souvent, hyper deep/sérieux/intenses ! Pourquoi notre bilan ne serait pas léger, fun et tout aussi divertissant que ceux que nous proposent les plateformes ?
3️⃣ Je ne veux pas regarder en arrière.
Parfois, il est trop douloureux de faire une review de ce qu’il s’est passé dans notre vie. Pour peu qu’il se soit passé des drames, de vives déceptions ou qu’on ait commis des erreurs ou des manquements : il est plus facile de ne pas faire de bilan que se soumettre à l’exercice.
💬 “Oui mais Julia, c’est justement en osant affronter nos difficultés qu’on avance” — c’est vrai, mais j’ai envie de choisir quand et comment je les affronte. Et ce n’est certainement pas sur un template Notion ou avec un agent IA que cet exercice sera constructif.
Ce qui est le plus fatiguant (à mes yeux), c’est cette idée que si tu ne fais pas ton bilan en décembre tu rates quelque chose d’important. Comme si c’était une deadline universelle pour clôturer son année comme un projet — et comme si le 1er janvier était le seul moment valable pour repartir du bon pied.
L’enfer c’est les autres
Le problème c’est que tout le monde le fait — on en voit partout (réseaux, newsletters…). Même si tu ne te sentais pas concerné(e) par la chose, tu te mets à douter et à te dire que t’es a côté de la plaque / peu discipliné(e) et que tu ne prends pas ta vie en main.
Parce qu’il y a quelque chose de performatif dans les bilans de fin d’année (encore + lorsqu’on les partage publiquement) : on montre nos réussites, nos leçons apprises, nos objectifs futurs. On prouve qu’on travaille sur soi, qu’on gère 😎
Mais combien de personnes font leur bilan parce qu’elles en ont vraiment besoin ?
Combien forcent l’exercice alors que leur année était merdique et qu’elles ont juste envie de tourner la page sans la relire ?
Le bilan est une injonction douce : personne ne te force, mais si tu ne le fais pas, t’as l’impression d’être une merde.
Mais tu sais, ne pas faire de bilan en décembre ne veut pas dire ne jamais en faire 🙃
Ma prescription pour toi
Désormais, je ne fais des bilans que quand j’en ressens le besoin. Pas parce que nous sommes en décembre ou parce que tout le monde le fait. L’expérience m’a appris que ça ne servait à rien si ce n’est me faire du mal inutilement.
Parfois c’est en juin, une fois l’hiver et le printemps derrière moi. Parfois c’est fin Août, pour prendre du recul sur mon été et m’aider à planifier mes projets d’automne.
Mon journal quotidien est un bon outil. Je peux y retourner quand je veux, si je veux. Sans urgence et sans deadline.
Et parfois c’est jamais. Parce que j’ai juste besoin de vivre sans tout analyser/décortiquer 🤪 — je saute volontairement des bilans.
Pas par flemme ni par déni.
Mais parce que revisiter une année difficile demande une force émotionnelle que je n’ai pas à l’instant T (et encore moins en décembre qui est déjà une période émotionnellement chargée !).
Donnons-nous la permission de ne pas faire de bilan.
(et la vie continue, je ne suis pas moins productive, pas moins alignée, pas moins capable de grandir ✌🏻)



Totalement d’accord sur le timing personnel. (Et le journaling 🫶)
De mon côté :
1. je suis hyper classique car j’adore l’effet page blanche de janvier
2. j’aime bien les bilans mensuels, car j’ai une mémoire long terme pas fameuse. Alors dire en décembre ce que j’ai vécu en mai, c’est …. Compliqué. 😬
Puis, 2025 : 🚮 J’ai passé une année de merde (ne mâchons pas les mots), j’ai pas envie de la revivre.
Le but, comme tu le dis, c’est de toujours trouver ce qui te convient.
Une cliente m’a conseillé de faire ma wishlist de 2026 plutôt que mon bilan 2025 et j’avoue que terminer sur une note positive me plaît bien. 😌
Merci Julia de mettre des mots sur mon ressenti de ces deux dernières années. Parfois on a juste pas l'energie de regarder en détail ce que l'on sait deja au fond de soi.
De plus je pense que la pratique du journaling régulier permet de conscientiser des évolutions au fur et à mesure en quelques sortes. Et qu'on ressent moins le besoin de le faire de manière globale en fin d'année.
Enfin je te rejoins sur le timing. Je suis carrément team rentrée des classes. Août est un mois parfait pour poser des intentions, des projets. Néanmoins j'essaye de faire des points d'avancement plusieurs fois par an, je me cale sur les "périodes" du tarot notamment. Ce qui compte est donc de trouver SON bon moment.