Mon retour sur Skyblog
Ce que j'ai retrouvé 20 ans plus tard
Il y a un peu plus de 20 ans, je passais mes soirées dans le bureau de mes parents — cette pièce de l’appart où l’ordinateur familial était à disposition (l’écran prenant la moitié du bureau 🤓 — classic shit en 2002).
C’est là que je gérais mes Skyblogs — au pluriel.
Un Skyblog perso hyper soigné (fond & forme), un Skyblog simili album photo où je postais des clichés de mes potes (pour éviter d’avoir à leur envoyer sur MSN), un Skyblog dédié à mes groupes préférés… et je dois certainement en oublier ! 🫠
À l’époque, je ne conscientisais pas que j’étais en train de construire un espace à moi sur internet. Des petites bulles personnelles, dans lesquelles j’injectais régulièrement ma personnalité, mes goûts, mes lubies et mes aspirations.
20 ans plus tard, j’ai voulu retrouver ça*.
*cette sensation, l’effet Skyblog-cocon, coin à soi sur le web.
🖥️ Je voulais un truc simple/rapide à prendre en main, une plateforme à découvrir, un endroit pour écrire sans avoir à créer un site web complet — alors j’ai choisi Substack.
Et j’ai réalisé que : j’étais revenue sur Skyblog 🥹
C’était quoi au fond, un Skyblog ?
Beaucoup répondent à cette question en disant : “un truc de collégienne pour poster des photos et des textes bien s0uvent écRits cOmme ça” 😏
Pour moi, c’était bien plus que ça.
Mon Skyblog remplissait +/- trois fonctions que je n’aurais clairement pas su formuler à l’époque :
📔 C’était un journal (mais soigné/stylé) — je crois que j’avais besoin de me prouver à moi-même que j’existais, que je vivais des choses. Alors je me posais souvent la question : “qu’est-ce que j’ai vécu dernièrement qui mérite d’être écrit quelque part ?”.
🏠 C’était une maison virtuelle — je l’alimentais pour avoir une “vitrine sociale” : un canal d’acquisition de nouvelles connaissances/ami(e)s (sorry déformation professionnelle 😆). Le fameux “lâche un comm’ !” = notre manière de connecter avec d’autres humains à l’époque.
🧠 C’était le miroir de ma personnalité — ce que je n’osais pas toujours montrer IRL, je le publiais sur mon Skyblog. Absolument tout ce qui m’intéressait, me passionnait, retenait mon attention avait le droit à un (ou plusieurs) article. Mon Skyblog disait toujours quelque chose de moi et devenait un espace pour attirer des gens qui me ressemblaient (oui, visiblement je développais déjà mon personal branding à 14 ans).
Je me rends compte aujourd’hui, 20 ans plus tard, que ces 3 fonctions sont toujours exactement les mêmes. Seule la plateforme a changé ! 🤭
10 ans à écrire pour les autres
De 2015 à 2025, j’ai consacré toute mon énergie à mon entreprise et plus spécifiquement à mon blog pro — dédié aux freelances & entrepreneurs.
(“Je me suis perdue dans l’entrepreneuriat” est un article qui aborde ces 10 années-là)
Ce blog pro est ma plus belle maison sur internet aujourd’hui : je suis très fière de tout ce que j’ai construit à partir de la simple et folle idée “et si je documentais mon aventure entrepreneuriale ?” 💌
Mais il a des frontières.
Il n’y a pas la place pour parler de mes thrillers préférés. Pas de place non plus pour aborder mon anxiété en toute vulnérabilité. Et encore moins pour faire une éloge aux Sims.
Bref : il n’y a pas de place pour toutes les autres facettes de ma personnalité, qui n’ont parfois rien à voir avec l’entrepreneuriat.
Alors progressivement, sans vraiment m’en rendre compte, j’ai mis une grande partie de moi en veille 👀 — c’est pas dramatique, ce sont simplement les règles du jeu du blog pro : la cohérence est fondamentale.
Mais au fil du temps, la frustration grandissait. L’envie d’écrire sur autre chose est devenue de plus en plus difficile à ignorer et c’est cette frustration-là qui a tout déclenché ⤵️
Substack comme permission
Sur ce Skyblog (oui, je milite pour qu’on ait tous un Skyblog ici et non pas un Substack), je n’ai pas de cadre, pas de ligne édito à respecter, pas de cohérence à maintenir au fil des articles que je publie.
Un jour je parle des décisions impulsives qui ont changé ma vie, la semaine suivante je te fais visiter mon journal, pour revenir te parler des 5 livres que je prête volontiers.
Peu importe si ça n’a aucun rapport : c’est exactement ça, la permission ☺️
Écrire sur un sujet random, dont on se fout et qui n’a aucune importance stratégique est à la fois euphorisant (enfin, je peux le faire !), et à la fois vertigineux (quand tu passes des aaaannées à écrire pour les entrepreneurs, à “tu écris ce que tu veux” … c’est un peu déstabilisant !).
Comme si on m’avait rendu une liberté que je ne savais plus tout à fait comment utiliser ! 😂
Retrouver d’autres Skyblogs
L’autre cadeau inattendu de ce Substack Skyblog version adulte : tomber sur des contenus que je n’aurais jamais découverts autrement.
Parce que, via mon blog pro, je croise des gens passionnants certes, mais qui parlent de business, de stratégies, et autre joyeusetés. La diversité existe, mais elle reste dans un périmètre relativement défini.
Ici, c’est autre chose. Je tombe sur des Substacks qui parlent de culture, de divertissements, de politique, de relations humaines ou de papeterie (oui, c’est niche). Des univers parfois complètement différents du mien, qui me nourrissent et m’enrichissent 💜
→ Les connexions se font via les passions, les valeurs, les obsessions, les petites manies — pas nos compétences ou nos expériences professionnelles.
C’est clairement une différence que je n’avais pas anticipée mais qui compte pourtant beaucoup !
Un endroit à toi, sur le web
Un an plus tard, 700 personnes lisent ce braindump chaque semaine (ou presque) 😍 — pour une meuf qui écrit des trucs random … c’est déjà énorme ahah.
Avoir son coin à soi sur internet, c’est précieux.
Ici je ne parle absolument pas d’un profil sur un réseau social — je parle d’un vrai lieu. Qui nous ressemble, où on s’exprime sans filtre (et sans algo), où on existe autrement qu’à travers nos compétences ou notre image pro.
Ce Substack, c’est mon chez-moi digital (peut-être qu’il évoluera en véritable site web perso plus tard, j’ai déjà le nom de domaine, stay tuned). Et tout comme mon appartement, il dit quelque chose de moi — mes obsessions, mes humeurs, mes passions qui n’ont (pour une fois) aucune utilité stratégique 🤓
Et si on avait tous ça ?!
Franchement, je rêve d’un internet qui ressemble à l’époque des Skyblogs — où chacun avait sa petite bulle personnelle, son univers à explorer. Où on se baladait de blog en blog comme on se promènerait de maison en maison.
Alors si t’as pas encore ton coin à toi sur internet... j’espère que ce contenu t’aura au moins donné l’envie d’y réfléchir 💌




C'est en effet une belle journée pour débarquer ici 💛
Quand tu dis : « Les connexions se font via les passions, les valeurs, les obsessions, les petites manies — pas nos compétences ou nos expériences professionnelles », c’est exactement ça, et j’adore !
Ça ne fait pas longtemps que je suis arrivée ici, mais c’est sûr que je vais rester. J’aime trop la vibe 🧡