Mes 35 ans ressemblent à ça
point d'étape crucial de ma vie ?
Mercredi, j’ai eu 35 ans, et je ne ressens toujours pas la peur de vieillir (que j’ai pourtant l’impression de voir partout). Je crois que ces cinq dernières années, j’ai compris que je pouvais être qui je voulais, peu importe mon âge 🤓
Par contre, j’ai la sensation que la lucidité vient avec l’âge : que nous conscientisons ET assumons encore + qui nous sommes à mesure que nous prenons de l’âge.
Alors j’avais envie de faire un arrêt sur image de la version de moi à 35 ans. Que ce soit dans mes habitudes, mon comportement, ou mes choix (tout en ayant une pensée pour la moi de 15 ans et de 25 ans).
1. Mon cercle proche tient dans un ascenseur
Même si je suis consciente qu’on peut se faire de très bons amis à tout âge, il faut quand même se rendre à l’évidence : il reste très peu de personnes sur lesquelles je peux réellement compter au quotidien.
D’autant plus que j’ai tendance à poser un cadre clair : s’il n’y a plus de confiance, plus de liens réguliers et plus de respect/soin, c’est ciao — ça peut sembler très procédural, mais je t’assure que tout ça est drivé par mes sentiments ahah 😆
En fait, je n’ai plus le temps pour entretenir des relations alambiquées comme je pouvais le faire les années précédentes. Mes connaissances restent des connaissances, les autres sont des ami(e)s. Mais il n’existe plus d’entre-deux 👋🏻
→ À 25 ans, je fréquentais des dizaines de personnes différentes chaque semaine. Et si agir comme un caméléon était parfois grisant, c’était surtout hyper fatiguant.
→ À 15 ans, j’étais comme aujourd’hui — avec un petit cercle d’ami(e)s. Mais j’avais la curiosité d’en sortir pour côtoyer plus de diversité.
2. J’ai arrêté de m’excuser
Au même titre que je suis plus franche dans mes relations, je le suis aussi dans mes traits de personnalité au quotidien.
J’assume le fait d’avoir une petite batterie sociale. Ça passe par le fait d’être pleinement consciente que je resterai moins longtemps dans des soirées/évènements. Mais ça passe aussi par le fait d’être capable de l’expliquer et de le faire respecter 🙏🏻
J’assume aussi être une grande enfant. Je m’émerveille souvent, je vois beaucoup de choses sous le prisme du jeu, et je suis une grande optimiste. Et même si c’est parfois dissonant (car nous vivons dans un monde cruel et difficile), c’est ma manière de fonctionner.
→ À 25 ans, je m’excusais de partir de soirée avant tout le monde et je culpabilisais lorsqu’on me disait “en fait, tu n’aimes pas passer du temps avec nous” — sans parvenir à leur expliquer que non, ce n’était pas ça 🥲
→ À 15 ans, notamment en réunion de famille, j’alternais entre sociabilisation et isolement sans trop comprendre pourquoi (maintenant, c’est plus clair !).
3. Vieillir est un privilège
On oublie souvent que vieillir est un privilège, en se concentrant plutôt sur toutes les choses qui se dégradent (que ce soit notre apparence, notre santé…). Et je suis plutôt ok à l’idée de voir mon corps évoluer au fil des années !
La question des cheveux blancs ne se pose plus depuis un bon moment : ils sont là depuis que j’ai 19 ans 😆 — mais je vois clairement apparaître des rides d’expression, des douleurs jusque-là inconnues ou une impossibilité de me concentrer lorsque je ne dors pas suffisamment.
Je ne cherche pas à lutter contre ces premiers signes de l’âge, partant du principe que c’est dans l’ordre des choses. Par contre, je prends soin de mon corps comme jamais je l’ai fait ces dernières années — consciente qu’il est mon véhicule jusqu’à la fin de mes jours 🥹
→ À 25 ans, je maltraitais mon corps à grands coups de Kastell Rouge, Jack Daniel’s, cigarettes et courtes nuits.
→ À 15 ans, je m’amusais à teindre mes cheveux en vert ou violet et j’oubliais de retirer mon mascara un jour sur deux avant d’aller dormir.
4. Mode économie d’énergie : je choisis mes combats
J’ai toujours été têtue, plutôt franche et sans filtres dans mes échanges avec les autres. Aujourd’hui, je le suis toujours mais je dose 🤓 — déjà parce que ça demande beaucoup d’énergie, mais aussi parce que je me rends compte que… flemme.
Je me moque (gentiment) des personnes plus âgées en disant qu’elles ne font plus aucun effort pour être agréables, peut-être usées d’avoir fait ça toute leur vie. Mais je me retrouve beaucoup dans cette lassitude de vouloir plaire à tout prix.
Donc je dirais que je me suis assagie par flemme, parfois, de dire ce que je pense. Mais je sais l’ouvrir quand je ressens une urgence, une injustice ou un besoin irrépressible de verbaliser ce qui m’anime.
→ À 25 ans, être peu diplomate m’a parfois mis des bâtons dans les roues car je gênais ou je vexais facilement.
→ À 15 ans, c’est ce caractère qui m’a permis de m’entourer de personnes qui me ressemblaient et grâce à qui j’ai eu une adolescence pleine de rires.
5. Mon utérus, mes choix
Malgré le fait de rester alerte sur mes ressentis depuis plusieurs années : je n’ai toujours pas de désir d’enfant. Pire : je pense sincèrement qu’avoir un enfant me rendrait malheureuse.
J’en ai pourtant écouté des vertes et des pas mûres à ce sujet : “c’est parce que tu n’as pas rencontré le bon”, “tu vas le regretter plus tard”, “tu ne veux pas de descendance ?” … bah non.
Merci à toutes celles & ceux qui ont pris la parole sur ce non-désir d’enfant, ça m’a beaucoup aidée à assumer ce que je ressentais. Je pourrais d’ailleurs, à mon tour, faire un contenu entier dédié à ce sujet-là tellement j’ai de choses à dire 🙃
→ À 25 ans, il était hors de question de faire un enfant avec le premier venu. Le quality check à honorer était, de toute façon, hors de portée pour qui que ce soit 😆
→ À 15 ans, j’étais persuadée que la vie était assez linéaire et prévisible. Et que, par conséquent, j’aurais inévitablement un ou plusieurs enfants à 30 ans (une maison et un chat, lol).
6. Le glaçon a fondu
Malgré mon tempérament qui peut paraître plutôt froid au premier abord (encore plus lorsque tu es face à une meuf têtue, franche et sans filtre 🙃), j’estime être (aussi) débordante d’amour.
J’ai d’abord appris à accepter mes émotions, à pleurer (de tristesse comme de rire), puis j’ai appris à les montrer et à les exprimer auprès des autres. Je pense que ça a été mon plus gros challenge ces 5 dernières années.
J’essaie, autant que possible, de verbaliser ce qui me plaît chez quelqu’un et de lui dire — sans pudeur mal placée.
→ À 25 ans, je gardais tous mes sentiments et toutes mes émotions pour moi. Pour que je témoigne mon affection ou que je fasse des compliments, il fallait se lever tôt ! 😅
→ À 15 ans, j’étais matrixée par “la vulnérabilité te desservira” — autant te dire que pleurer était la dernière chose à faire sur ma liste.
Voilà
Une conclusion clichée qui pourrait fonctionner serait de dire : “merci à la moi de 15 ans d'avoir posé les bases, à celle de 25 ans d'avoir exploré, et à celle de 35 ans d'avoir enfin assumé” 😎 — maaaais ça manque de réalisme.
Honnêtement, je ne pensais pas qu’on pouvait évoluer/changer autant en 10 ans — et pourtant, ce contenu en est la preuve. Je suis donc très très curieuse de voir ce que l’avenir me réserve jusqu’à mes 45 ans !
En attendant, je me souhaite (et je te souhaite par la même occasion !) de rester fidèle à mes valeurs, de garder cette curiosité pour l’inconnu intacte et de continuer à m’amuser (même dans un monde clairement pas ouf) ☀️
Trust the process.


J’adore ! 😻
C’est un très beau texte. Je suis en plein questionnement quant à mon non désire d’enfant haha lol je sais au fond de moi que ça ne me rendra pas très heureuse d’en avoir 🤣. Mais notre chère amie société et l’entourage font que j’ai du mal à assumer mon choix ☺️. Avec l’âge ça changera sûrement