Je tracke toutes mes lectures
à mes risques et périls
Lorsque je découvre un livre qui m’intéresse, mon process ressemble à celui de beaucoup de lecteurs & lectrices : je le sauvegarde dans ma “pile à lire” → je le lis → je le note dans un système qui gardera une trace de ma lecture 📚
J’ai adopté cette routine depuis peu de temps (environ 3 ans), à force d’oublier ce que je lisais et par envie de poursuivre la lecture avec une étape que j’ai trop souvent négligée : prendre de la hauteur sur le livre et sur ce qu’il m’a fait ressentir/apprendre.
Tracker tout ce que je lis est une habitude super positive pour moi, maaais ça peut vite partir en couilles… 🫠
💡 3 façons de tracker ses lectures
Il y a grossièrement 3 façons de garder une trace de ses lectures : un format papier (carnet, fiches…), un format digital mais privé (outil de prise de notes : Bear, Notion, Obsidian…) ou une application (où nos lectures sont généralement publiques).
le format papier plaît énormément aux fans de carnets comme moi — c’est un moment intime, personnel, hors ligne qui m’a toujours séduite. Ce moment où je prends le temps de choisir mes mots pour écrire mon avis est délicieux. J’ai présenté mon logbook en détails ici.
le format digital mais privé est une alternative pour celles & ceux qui n’aiment pas particulièrement tenir un carnet et qui préfèrent la rapidité. C’est pour cette raison que l’on trouve des milliers d’exemples d’espaces Notion dédiés : tape “bookshelf notion” sur Pinterest et tu seras servi(e) ! Idéal pour garder une trace organisée de nos lectures.
et enfin le format 100% online — bien souvent au sein d’une application telle que Babelio, Goodreads ou encore Fable (mon préféré). On entre dans une dimension plus sociale du tracking puisqu’il est possible de suivre d’autres utilisateurs, de découvrir leurs piles à lire, leurs différentes critiques ou simplement leurs goûts en matière de lectures.
→ Mais au-delà de la méthode, qu’est-ce qui nous pousse vraiment à tracker nos lectures ?
Pourquoi j’aime (vraiment) tracker ce que je lis ? 💭
À mes yeux il y a à la fois des raisons très officielles et d’autres qui sont… moins facilement avouables 😏
Je l’ai dit, ma raison n°1 c’est de me souvenir de tout ce que je lis — il n’y a rien de plus frustrant que de commencer un livre et de se rendre compte, 10 pages plus tard, qu’on connait déjà la fin.
J’aime aussi tracker mes lectures pour les analyser, repérer des patterns (mes genres préférés, l’évolution de mes goûts au fil du temps…) ou encore pour varier mes choix de lecture : “ok ça fait 6 mois que je ne lis que des thrillers, je vais plutôt choisir une romance pour mettre un peu de chill dans ma vie” 😆
Tout ça, c’est socialement acceptable.
Mais quelles sont les raisons qu’on avoue le moins ? 👀
Je réalise que je ressens une certaine satisfaction à cocher un livre que je viens de terminer, écrire ma petite critique & co. Mais c’est ni plus ni moins qu’une boucle neurologique classique (signal → routine → récompense) qui déclenche une petite dose de dopamine dont mon cerveau raffole 🧠
Parcourir mon logbook et constater que j’ai lu X livres depuis le début de l’année mêle satisfaction et fierté. C’est une sorte de gratification visuelle dont je ne me lasse pas ! 🥹
Lorsqu’on le fait de manière publique, on peut tomber dans “regardez tout ce que je lis” — rendant le tracking beaucoup moins positif pour soi-même (à mes yeux) 🤖
J’ai un objectif de lecture (30 livres en 2026) — chaque livre lu me rapproche donc de mon objectif. Et il est vrai que parfois ça me pousse à ouvrir un livre pour avancer de quelques pages plutôt que de faire autre chose (regarder une série, jouer à un jeu vidéo…). Je trouve ça plutôt positif 🎵
📝 Tracker change clairement ma façon de lire
Depuis 3 ans, je réalise que suivre et noter mes lectures a changé mon rapport à la lecture (pour le meilleur comme pour le pire) (mais si je continue à le faire c’est bien parce que c’est plus cool que moins cool 🤡).
Déjà, je lis + que d’habitude. Me dire que la lecture d’un super livre sera prolongée par le remplissage de mon carnet, l’écriture de ma petite critique et basculer le livre dans la liste “lus en 2026” … tellement satisfaisant que j’ai envie de vivre ça plus souvent = je termine davantage de livres = je lis + qu’il y a 10 ans.
Ensuite, je me rends compte à quel point avant je ne prenais AUCUN recul sur ce que je lisais. Je fermais le livre et je passais à autre chose ! Aujourd’hui, je réfléchis à ce que le livre m’a fait ressentir, aux personnages que j’ai préféré et pourquoi, aux morales et leçons transmises, etc.
J’ai aussi une vue d’ensemble sur les genres que je lis. Par exemple, en 2025, j’ai essayé de varier les plaisirs : alternant entre fictions, thrillers, romances, fantasy… ça m’évite de rester enfermée dans un style par “confort” et d’alterner entre lectures faciles et plus difficiles pour moi.
Tout ça est très positif n’est-ce pas ?! 😎
Je vais donc de ce pas casser l’ambiance avec les potentielles dérives du tracking — elles sont nombreuses et méritent, je trouve, d’être regardées en face pour ne pas y succomber (ou alors en conscience !).
Parfois, quand je suis à 90% d’un livre, je me dis : “je dois finir ce livre pour l’ajouter à mon logbook” — ce n’est donc plus l’envie de connaître la fin qui drive ma lecture, mais l’après 🙃
Pour certains, la lecture devient une activité quantifiée : ni plus ni moins que la hustle culture appliquée aux loisirs ! On joue à “qui a la plus grosse” (pile à lire, liste de livres terminés…), alors que ce n’était absolument pas l’objectif initial.
Et, pire encore, on peut tomber dans un snobisme littéraire : en jugeant les livres lu par d’autres humains (parce qu’ils sont trop simples, pas assez engagés, pas utiles… et j’en passe — on a beaucoup vu ça avec “La Femme de Ménage”). On s’engage dans une compétition malsaine de “qui lira les livres les plus intelligents” : horrible.
☕️ Qu’est devenue la lecture ?
Evidemment, tout le monde ne tombera pas dans une ou plusieurs dérives qu’engendre, parfois, le tracking de ses lectures et le partage de celles-ci publiquement. Mais avouons quand même que montrer ce qu’on lit c’est vraiment devenu un truc !
un truc social (et parfois compétitif) — grâce/à cause des réseaux sociaux, notamment, en affichant ses statistiques pour se définir comme “quelqu’un qui lit”. Les applications peuvent également en rajouter une couche avec des sections comme “must-read”, par exemple.
un truc élitiste — avec parfois beaucoup de snobisme dans les communautés de lecteurs (vraie littérature VS littérature commerciale, toussa toussa).
un truc productif — transformant une activité chill en activité performante, avec des compétitions implicites mais réelles (avec soi-même ou avec les autres) sur “qui a lu le + de livres”.
✌🏻 De mon point de vue, qu’on décide de garder nos lectures pour nous ou de les partager, l’essentiel est de le faire pour de bonnes raisons : la recommandation sincère (pas pour une validation sociale), garder une trace pour soi (pas pour prouver quoi que ce soit) et prendre du plaisir (dans le tracking ET la lecture).
Voilà
Je suis curieuse d’avoir ton avis sur le sujet et si, toi aussi, tu as pris l’habitude de tracker tes lectures au fil des semaines ? 🗓️
Et pour finir, dans la même thématique ⤵😎





Je ne tracke pas vraiment mes lectures, les romans me permettent des moments chill et les livres d'organisation ou business, je prends souvent beaucoup de notes sur papier (dont je ne sais pas quoi faire après...). J'ai décidé de faire une page "lectures" dans mon bullet journal afin de voir combien de livre je vais lire cette année. J'ai une whishlist globale sur Notion avec des idées cadeaux et des livres dedans.
Coucou Julia,
Merci pour ce partage inspirant avec toute la nuance que le sujet mérite ! De mon côté, pas de véritable tracking. Mais une évolution au fil des années : aujourd'hui j'ai une liste des livres qui me font de l'œil sur Notion et des fiches de lecture sur tous les livres pro. Ce qui est un grand progrès après des années de lecture qui se sont évaporées 🫣
Ton expérience donne envie.
Merci !