Ces petites morts qu’on traverse tous
Sans s'en rendre compte.
S’il y a bien une chose que j’ai apprise entre mes 20 et mes 30 ans c’est à faire de multiples deuils. Quand généralement le deuil fait référence à la perte d’un être cher, on apprend avec le temps qu’il en existe bien d’autres… 🫠
Aujourd’hui j’avais envie de commencer une liste de toutes ces petites morts qu’on traverse, avec ou sans la lucidité qui va avec 💬
La fin d’une relation
Qu’il soit amoureux ou amical, le deuil existe aussi. Mais en amitié, il peut passer complètement inaperçu : notamment quand l’amitié s’étiole, sans véritable dispute ou point final.
Plus on vieillit, plus on réalise que les gens vont et viennent dans notre vie. Et si certains restent des années (et sont encore là !), d’autres ne font qu’une brève apparition.
J’ai eu des ami(e)s très proches pendant certaines périodes de ma vie. Mais… ils allaient avec la période (tu vois c’que j’veux dire ? 😆). Le contexte a fait que, nous nous sommes éloigné(e)s.
J’ai aussi eu des ami(e)s très proches à mes débuts en freelance. Mais à mesure que ma visibilité augmentait, je percevais des comportements plus intéressés que sincères. Je m’en suis éloignée.
J’ai aussi eu des ami(e)s très proches qui ont quitté ma région pour aller construire leur(s) vie(s) un peu plus loin. Et je peux te l’assurer, « loin des yeux, loin du coeur » peut s’avérer très véridique pour certaines amitiés 🥲
Chaque personne à qui nous avons accordé notre temps, notre confiance et qui finit par partir de notre vie (par choix tranché ou avec le temps) crée un mini-deuil, visible ou invisible.
Pourquoi certaines amitiés traversent les périodes, les changements, et sont imperturbables face à la distance et d’autres non ? C’est clairement un sujet à creuser ! 🤔
“C’est la dernière fois”
À la fin de l’année 2024, j’ai fêté Noël chez ma grand-mère, comme tous les ans. Sauf que cette année avait un goût… particulier. Je savais que quelques mois plus tard, la maison serait vendue : mamie part s’installer dans une résidence senior 🏠
C’était donc « le dernier Noël dans cette maison » — un mini-deuil de plus.
Mais je suis aussi hyper sensible à la « dernière nuit quelque part » : que je sois en vacances, dans un appartement que je vais quitter, dans un pays récemment visité… 😄 toi aussi ?!
Après ça, je pourrais généraliser à toutes les « dernières fois » finalement ! Car pour moi, chaque « au revoir » est un mini-deuil invisible aux yeux des autres, mais 100% conscientisé chez moi.
Et c’est encore plus fourbe quand tu vis une dernière fois sans même le savoir ! Que ce soit voir un ami que tu ne reverras plus, la dernière fois qu’on a une conversation « normale » avant que tout change avec quelqu’un, ou encore la dernière fois où l’on rit avec un collègue sans savoir qu’il partira de l’entreprise le lendemain…
Plus qu’un épisode
Je ne compte plus le nombre de séries pour lesquelles j’ai donné des heures et des heures de mon temps de bon coeur ! (séries TV, ou séries de livres ou de films avec des personnages récurrents)
Pour lesquelles je mettais mes besoins d’humaine au second plan. Pour lesquelles j’aurais supplié les scénaristes et les producteurs de continuer de faire vivre les personnages auxquels j’étais si attachée 🥲
La fin d’une série qu’on suivait depuis des années fait, à mes yeux, partie des mini-deuils auxquels on fait face au moins une fois dans sa vie.
Et même si ça peut paraître complètement stupide et aberrant par rapport à de « vrais » humains ou à de « vraies » situations (car fictives) ça n’en est pas moins douloureux parfois !
Cette « mini-mort » me questionne beaucoup sur les relations parasociales que nous cultivons mais aussi sur l’aspect rituel/routine et le pouvoir qu’on donne à une série sur notre quotidien : quand elle s’arrête… elle nous laisse avec nous-même 🤭 (et pas mal de sentiments positifs, tout de même !).
La fin d’un rituel
Il y a quelques années, je savais que chaque dimanche je retrouverais mes potes pour dîner tous ensemble. C’était notre manière de clôturer la semaine et de pallier à ce foutu blues du dimanche soir 😆
Si au départ ce rituel était « respecté » et apprécié par tous, il s’est étiolé avec le temps. Certains devaient se lever bien plus tôt le lundi matin et préféraient rester chez eux. D’autres ont traversé des périodes compliquées financièrement et ne pouvaient donc plus se le permettre.
Alors, progressivement, ce rituel a cessé.
Quand un rituel structure un bout de notre vie pendant plusieurs mois ou plusieurs années (resto entre potes le dimanche, apéro tous les mardis avec les collègues, réunion de famille tous les étés…), son arrêt provoque souvent les mêmes sentiments qu’un mini-deuil.
Comme quoi il en faut peu parfois 🤭
Laisser derrière soi toute une période de sa vie
Cet été, je me suis rendue compte que cette « petite mort » a toujours été physiquement actée : j’ai rangé ma cave dans laquelle tu peux retrouver de grandes boîtes thématiques 📦
J’en ai notamment 2 qui témoignent de deux grands chapitres de ma vie passée : la vie d’étudiante (avec mes cours, mes exams, mes agendas…) et ma vie de photographe (vieil appareil photo, flash déporté, objectifs…) — dont j’ai déjà parlé ici.
Elles me suivent dans tous mes déménagements. Comme si ma cave était un disque dur dans lequel j’avais sauvegardé des dossiers pour toujours les avoir avec moi. Et, étant une grande nostalgique, parfois je prends quelques minutes pour parcourir l’intérieur et me replonger dans « qui j’étais » il y a 15 ans.
J’oscille entre « je suis contente d’avoir clôturé cette période de ma vie » et « c’était bien quand même… en aie-je assez profité ? » 🥲
Voilà
Finalement, la vraie douleur commune qui accompagne toutes ces petites morts, ne serait-ce pas la question : « en aie-je assez profité ? » — ce regret diffus, comme si je n’étais pas assez consciente de vivre ces moments pendant que je les vivais ? 👀
Comment apprend-t-on à faire la paix avec ces versions révolues de nous-même ?



Ça me parle beaucoup et tu parlais d’une série qui peut ceer ce mini deuil mais il y a aussi les livres … j’ai eu notamment une série de livre qui m’a créé ça et clairement ça a été dure !!!!! 😫 bref merci pour ce partage encore une fois
J'aurais pu écrire chacun de ces mots et de ces constats !
Certains de ces mini-deuils sont parfois "anecdotiques" et presque rigolos à vivre, d'autres sont beaucoup plus forts / profonds et laissent quelques traces qu'on emporte (et accumule) avec soi... 💜