Archiver sa vie dans un musée personnel
9 façons de garder des traces de ta vie
J’ai toujours fait confiance à ma mémoire, mais je sais qu’elle n’est pas éternelle et parfois… elle ment. Elle efface les détails, elle mélange les années, elle occulte les moments difficiles et elle idéalise certaines périodes de ma vie.
Si parfois on a besoin de ce filtre naturel qu’applique notre mémoire sur nos souvenirs (surtout les plus désagréables), moi je veux le souvenir brut (et je veux avoir le choix de ce que j’en fais ensuite).
La plupart des humains ne sont absolument pas sensibles au fait de « sauvegarder » des choses aujourd’hui pour les consulter (ou pas) plus tard. Mais pour moi, ça doit être écrit dans mon ADN, car c’est presque aussi important et systématique qu’un lavage de dents quotidien !
Généralement ça fait sourire mes proches. Ils me demandent toujours « comment as-tu l’énergie et le temps de faire tout ça ? », et la réponse est toujours la même : j’en ai besoin 🤓
Pas par nostalgie maladive ni pour vivre dans le passé, mais parce que ça me rassure de savoir que ce que j’ai vécu est quelque part, retrouvable 📦 une véritable archive de ma propre vie. Je suis une nostalgique qui n’aime pas subir le passé ; j’aime aller le chercher quand j’en ai envie.
Et puis pour être honnête, c’est aussi le moyen pour moi de me prouver que je fais des trucs, dans cette vie ! 😆
Alors aujourd’hui je te montre comment j’archive ma vie dans mon musée personnel — un truc en apparence un peu conceptuel, mais pourtant hyper concret au quotidien ⤵️
📖 La salle des oeuvres
Commençons la visite de mon musée par la mémoire culturelle, là où je stocke absolument tout ce que j’ai consommé : livres, séries, films, jeux vidéos, documentaires 📦 — je l’appelle mon Logbook.
J’en avais marre d’oublier tout ce que je lisais, regardais, etc. Et si parfois certaines oeuvres le méritent, d’autres non ⚡️ j’ai donc décidé de ne plus jamais oublier.
Le principe est simple : à chaque fois que je termine une oeuvre, je viens y écrire une petite critique, mon avis/mes sentiments bruts à son propos. Je trouve ce système absolument redoutable (et indispensable) pour se souvenir d’un livre, encore + quand on en lit beaucoup !
Je pourrais me contenter de mon compte Fable ou Letterbxd pour ça, mais ce serait beaucoup moins personnel et beaucoup moins satisfaisant et fun à alimenter 😎 — puisqu’ici, j’ai un carnet dédié dont je t’ai parlé en détail juste ici :
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Prends n’importe quel carnet et crée une page par œuvre : titre, date de lecture/de visionnage/de jeu, et ton ressenti brut en quelques lignes.
Mets en place un système de notation simple : des cœurs, des étoiles, peu importe — l’important c’est que ça soit le tien !
Crée un sommaire en début de carnet pour naviguer facilement entre les mois et les années.
Et pas besoin d’attendre le 1er janvier pour commencer hein :)
📔 Le journal de bord
Poursuivons avec la mémoire du quotidien, de l’instant présent ! J’ai commencé à écrire un journal intime lorsque j’étais adolescente, abandonné pendant plus de 10 ans. Ce n’est qu’à l’aube de mes 30 ans que j’ai recommencé : j’avais besoin de vidanger mes émotions et mes pensées quelque part 💭
Aujourd’hui, en plus de son objectif initial, il me sert à documenter mon quotidien : environ 30 minutes pour écrire les souvenirs et émotions vécues dans la journée. Un excellent moyen pour moi de sauvegarder des moments de vie (que je prendrais plaisir à relire, ou pas) !
Avec le temps, celui-ci est devenu un véritable lieu d’expérimentation 😆 — car en plus de mes mots, j’ajoute de la décoration : des stickers, des cartes postales, des to do list, des trackers… tout ce qui peut le rendre encore + fun à remplir chaque jour.
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Commence petit : 5 minutes le soir, 3 choses retenues de ta journée. Pas besoin de faire un roman, surtout si tu débutes dans le journaling !
Le carnet importe peu au départ, ce qui compte c’est la régularité, pas le support. Ça peut même être un outil digital (Notion, Bear, Obsidian…) si tu préfères tapoter les mots.
Autorise-toi à rater des jours sans culpabiliser : un journal avec des trous vaut mille fois mieux qu’un journal abandonné.
Là aussi, pas besoin d’attendre le 1er Janvier :)
🎵 La salle sonore
Entrer dans ma mémoire sonore, c’est clairement voyager dans le temps 😂 — il faut le dire, j’ai une manière assez singulière de créer des playlists puisqu’elles sont toutes créées par année !
J’ai une sorte de process interne naturel pour chaque morceau que je découvre et que je kiffe. Prenons l’exemple du dernier en date : Just Pretend - Bad Omens, groupe que j’ai découvert en ce début d’année.
Le morceau est d’abord sauvegardé dans une playlist appelée « Joyeux Bordel », et il y restera jusqu’à ce que je juge qu’il a été significatif/important dans mon année. Si c’est le cas, alors il basculera dans l’année « 2026 » (oui, il faut mériter sa place !) 🎉
Souvent, j’écoute donc la playlist « Joyeux Bordel » pour m’imprégner de toutes mes découvertes récentes. Mais parfois il m’arrive de vouloir me plonger dans le souvenir d’une année en particulier 🗓️ — dans ce cas, je vais lancer l’année en question.
Il me semble qu’on associe beaucoup la musique à des moments de notre vie. Alors réécouter des titres que je kiffais en 2018 me reconnecte à mes souvenirs de cette année-là ⚡️ presque aussi efficace que la pensine de Dumbledore ce truc.
D’ailleurs, si tu veux une plongée dans la playlist de mon adolescence, c’est par là :
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Crée une playlist dédiée, où tu stockes tout ce que tu découvres et qui te plaît.
À la fin de chaque année, sélectionne les morceaux qui ont vraiment compté et crée ta playlist annuelle : les autres peuvent être supprimés de ta playlist ou sauvegardé dans une annexe.
Donne-toi une règle simple pour qu’un morceau “mérite sa place” : tu l’as écouté en boucle ? il t’a accompagnée dans un moment fort/important ? C’est souvent suffisant !
📸 La galerie photo
Imagine-toi rentrer dans une salle recouverte d’écrans géants avec des photos qui défilent, tapissant les murs… c’est un peu ce que je ressens quand je me replonge dans mes photos & vidéos ! 🤩
Si je devais résumer mon rapport à la photo et à la vidéo, je dirais que c’est indécent. J’ai des To et des To de photos et vidéos sur le cloud, dans mon disque dur externe ou dans mon téléphone : mes potes savent à qui s’adresser pour retrouver un souvenir photographié 😎
Mais, là encore, je ne cumule pas par toc, mais par plaisir : j’aime sincèrement me replonger dans certains souvenirs grâce à ces photos (elles aussi rangées par année, on se refait pas). D’ailleurs, si tu te reconnais là-dedans, cet ancien contenu devrait te plaire :
Les mises à jour iOS ne sont pas toujours les plus alléchantes pour moi, mais s’il y en a bien une qui m’a séduite ces dernières années c’est de pouvoir trier ses photos par années et par mois 🥹 — grâce à ça, je me suis d’ailleurs lancée dans un challenge « 1 photo par jour » !
Je sélectionne 1 photo par jour, et je la classe dans un dossier dédié. Et, à la fin de l’année, je ferai développer ces photos en petit format pour me constituer des archives physiques 📦 (soit une boite bien rangée, soit un album photo, on verra !).
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Familiarise-toi à l’organisation par année et par mois dans ton appli photo (iOS et Google Photos le font nativement !).
Lance-toi dans le challenge 1 photo par jour : pas la meilleure photo, juste celle qui représente le mieux ce jour-là.
En fin d’année, fais développer ta sélection en petit format (Lalalab, Cheerz… les services ne manquent pas !).
📼 La salle des archives
Restons quelques minutes dans l’univers de l’image puisqu’ici nous arrivons dans la mémoire que les autres ont eue dans ma vie. C’est notamment le cas des vieilles cassettes VHS qu’a créée ma mère il y a maintenant plus de 30 ans 🥹
On y voit ma famille, des personnes terriblement jeunes à l’époque (et disparues pour certains 💜), des moments de vie, et de nombreux souvenirs que je veux garder précieusement. Ma première chute en ski à 5 ans, la première récitation de poésie, ou encore moi qui utilise le camescope pour filmer ma chambre d’enfant full posters 🫠
J’ai pris le temps de numériser toutes ces images avant qu’elles ne se détériorent. Les cassettes VHS ont une durée de vie approximative de 30 ans, après il est difficile d’avoir le son ET l’image, quand bien même elles auraient été conservées avec soin. Le process était long, mais ça valait le coup !
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Fais l’inventaire de ce que tu as : cassettes VHS, Hi8, Super 8... avant de te lancer. N’hésite pas à demander à tes proches s’ils ont ces choses-là ! (parfois même eux ont oublié qu’ils ont un carton de K7 au grenier)
Pour la numérisation, deux options : tu peux déléguer, ou le faire toi-même. Pour ça, tu as besoin d’un magnétoscope, d’un ordi, et d’un câble pour relier les deux. C’est HYPER simple ! (et ça évite que des inconnus numérisent ça pour toi)
Une fois numérisées, sauvegarde-les sur minimum deux supports différents : un disque dur externe ET un cloud, pour t’assurer de respecter la règle des 3-2-1.
🌎 Les archives du web
J’ai toujours eu un dossier de « favoris » sur Chrome avec des vieilleries (que depuis, j’ai migré sur Raindrop, beaucoup plus pratique). Il peut s’agir de vieux sites web que j’aimais consulter (genre DeviantArt qui n’est clairement plus ce qu’il était 🥲), des forums que je créais (genre Point Virgule) ou auxquels je participais (Bazzart, Elegance Temptation…).
Et puis… mes skyblogs 😏 — au moment où j’écris ces lignes, j’ai contacté la Bibliothèque Nationale Française pour récupérer mes propres archives. Donc on en reparlera certainement bientôt !
Et même si quand je clique dessus je tombe sur « oups, la page n’existe plus » … je les garde 🤷🏻♀️ — rien que leur nom me procure encore des émotions & souvenirs divers et variés ! Et si vraaaaiment je veux me souvenir de leur apparence, je vais sur Wayback Machine et hop :
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Fais le tour de tes favoris Chrome aujourd’hui : t’as sûrement des liens qui traînent là depuis des années sans que tu t’en souviennes !
Pour les pages qui n’existent plus, tape l’URL sur Wayback Machine pour consulter l’historique du site web que tu veux retrouver.
Pour tes Skyblogs, n’hésite pas à contacter la BNF : ils ont archivé une grande partie de la plateforme avant sa fermeture !
📦 La boîte à souvenirs
Ça, c’est un nouveau projet ✨ J’ai vu passer l’idée sur Youtube à maintes et maintes reprises, et j’ai envie de me lancer ! Le concept est simple : 1 boîte = 1 année. Et tu glisses dedans des bricoles que tu glânes au fil des semaines et des mois.
Ça peut être des places de concert, des tickets en tout genres, des badges, des stylos terminés, un mot écrit à toi-même… bref tous ces petits objets qui, en apparence, ne servent à rien mais qui te touchent, d’une manière ou d’une autre 💜
Le fait de consacrer 1 boîte par année permet un rangement optimal en haut d’une armoire ou sur les étagères d’une cave ou d’un garage par exemple. Mais c’est aussi très symbolique d’ouvrir une boîte pour te plonger dans une année précise 💭
J’ai hâte d’alimenter celle de cette année… et des suivantes !
📝 Le journal public
Terminons par le lieu où tu te trouves : Born Before Internet, mon Substack personnel. Parce que finalement ici j’alimente aussi une forme d’archive 👀 — j’écris des contenus qui me ressemblent et qui témoignent de mes passions, de mes goûts et de mes intérêts actuels.
Qui sait, peut-être que la moi de 50 ans prendra du plaisir à relire mes recommandations de jeux vidéos, mes réflexions ou encore mes favoris de l’époque 😇
👋🏻 Comment l’adopter pour ton propre musée ?
Crée un espace à toi sur le web : Substack, blog hébergé… peu importe tant que tu peux écrire autant que tu veux et sur ce que tu veux.
Écris pour toi en premier (pas pour l’audience, pas pour l’algo), c’est d’abord une démarche personnelle. Et si tes contenus et ta voix raisonnent auprès d’autres humains, tant mieux !
Même un contenu par mois suffit, ce qui compte c’est de laisser une trace écrite de qui tu es maintenant.
Voilà
Je crois qu’archiver sa vie c’est ni plus ni moins que de refuser que le temps passe sans laisser de traces. Si j’utilise l’image du musée, c’est parce qu’elle m’aide à rendre cette pratique légitime (et compréhensible) aux yeux des autres.
Mais au final, archiver sa vie peut prendre 1001 manières différentes. Ça peut être minuscule, imparfait. Ça peut ressembler à quelque chose de très froid ou d’un peu étrange (genre un cabinet de curiosités !).
La seule vraie question c’est : est-ce qu’il y a une période de ta vie que tu aurais aimé mieux archiver/documenter ?
Si la réponse est oui, alors commence aujourd’hui 💜 — n’importe comment, n’importe où.









